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ATSEM, agents, périscolaire : ces invisibles de l’école qui disent stop à Dijon

Dernière mise à jour : 20 mars 2026 7h54
il y a 6 mois
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La journée de grève dans l’Éducation nationale, organisée jeudi 19 mars, a trouvé un écho en Côte-d’Or. À Dijon, 330 personnes ont manifesté selon les services de police (400 selon la CGT) pour dénoncer les suppressions de postes et la dégradation des conditions de travail. Rassemblés place de la Libération, les manifestants ont ensuite défilé jusqu’au rectorat. Ils ont battu le pavé depuis la place de la Libération jusqu’au rectorat, dans un cortège déterminé à faire entendre ses revendications face à une politique éducative vivement contestée.

Si les suppressions de postes ont constitué le principal mot d’ordre de la journée, la mobilisation a également été marquée par une prise de parole forte de la CGT territoriaux. À travers un discours engagé, le syndicat a voulu rendre visibles celles et ceux qui restent trop souvent dans l’ombre du système éducatif.

« Derrière l’école, il y a des professionnelles. Majoritairement des femmes. Indispensables. Et pourtant invisibilisées », a rappelé la CGT. Le syndicat a mis en lumière le rôle essentiel des ATSEM, des agents de restauration scolaire, des personnels techniques, ainsi que des équipes du périscolaire et de l’extrascolaire. Des métiers sans lesquels, selon lui, « pas d’accueil, pas de sécurité, pas d’accompagnement des enfants ».

Pourtant, ces agents souffrent d’un manque de reconnaissance criant. Les remontées de terrain évoquées par la CGT dressent un constat préoccupant : des conditions de travail en nette dégradation, une pression croissante et des moyens insuffisants.

Le cas des ATSEM a particulièrement été mis en avant. « Aujourd’hui, elles font tout », a souligné le syndicat : présence en classe, encadrement à la cantine, participation aux activités périscolaires. Une polyvalence devenue la norme, mais qui s’accompagne d’une charge de travail toujours plus lourde.

Cette réalité s’accompagne d’une pénibilité multiforme. Physique, avec des postures contraignantes et des tâches répétitives. Sonore, en raison d’un environnement bruyant constant. Mentale, enfin, avec une vigilance permanente et une responsabilité importante. « Et à quel prix ? », interroge la CGT, évoquant une fatigue généralisée et une usure professionnelle croissante.

Le phénomène de présentéisme a également été dénoncé. De nombreux agents continueraient à travailler malgré la maladie, par crainte de ne pas être remplacés ou de subir une perte de salaire. « Ce n’est pas acceptable », a martelé le syndicat. Dans la restauration scolaire comme dans les services périscolaires et extrascolaires, le constat est similaire : une augmentation des exigences, des situations de plus en plus complexes à gérer, sans moyens supplémentaires. Résultat : perte de sens, démotivation et épuisement.

Pour la CGT, cette situation s’inscrit dans une réalité plus large : celle de métiers féminisés, historiquement dévalorisés. « Nous refusons que celles et ceux qui prennent soin soient celles et ceux que l’on précarise », a affirmé l’organisation syndicale.

La question de l’école inclusive a également été au cœur du discours. Si le principe d’une école pour tous est largement partagé, sa mise en œuvre est jugée insuffisamment accompagnée. « Aujourd’hui, l’inclusion se fait trop souvent sans moyens humains, sans formation suffisante, sans reconnaissance », a dénoncé la CGT, pointant une « injonction impossible » pour les personnels.

Le syndicat appelle à une approche plus réaliste, basée sur les besoins concrets de chaque établissement : davantage de personnel, des formations adaptées et une véritable reconnaissance des compétences, notamment par une revalorisation salariale.

Au-delà du constat, la CGT a formulé plusieurs revendications claires : plus de moyens humains, une reconnaissance accrue des métiers, une réduction du temps de travail pour les postes les plus pénibles, une augmentation des salaires avec le dégel du point d’indice, ainsi que des formations à la hauteur des réalités du terrain.

« Quel service public voulons-nous ? Quel accueil pour nos enfants ? Quel respect pour celles et ceux qui font vivre l’école ? » a interrogé le syndicat, posant les termes d’un débat plus large sur l’avenir de l’éducation.

Le message est sans équivoque : « Sans ces professionnelles, l’école ne tient pas. Sans reconnaissance, le service public s’effondre. » Pour les manifestants réunis jeudi à Dijon, cette journée de mobilisation dépasse la seule question des postes supprimés. Elle traduit une volonté de défendre un modèle d’école publique plus juste, plus humain et mieux doté. La CGT l’affirme : « Les belles paroles ne suffisent plus. Maintenant, il faut des actes. » Un appel qui pourrait bien trouver un prolongement dans les prochaines mobilisations.


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