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Dijon et son agglomération

Moustique-tigre : l’ARS appelle à la vigilance et à la mobilisation en Bourgogne-Franche-Comté

Dernière mise à jour : 25 mai 2026 9h35
il y a 5 mois
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La lutte contre le moustique-tigre devient un enjeu de santé publique de plus en plus important en Bourgogne-Franche-Comté. Dans un communiqué publié le 22 mai 2026, l’Agence régionale de santé alerte sur la progression rapide de cet insecte désormais implanté dans l’ensemble des huit départements de la région. Potentiel vecteur de maladies comme la dengue, le chikungunya ou le virus zika, le moustique-tigre fait l’objet d’une surveillance renforcée pendant toute sa période d’activité, du 1er mai au 30 novembre.

Présent depuis longtemps dans l’océan Indien et aux Antilles, le moustique-tigre s’est progressivement installé en France métropolitaine à partir du début des années 2000. Sa progression est désormais très importante : au 1er janvier 2026, il avait colonisé 83 des 96 départements de l’Hexagone. En Bourgogne-Franche-Comté, son implantation est aujourd’hui confirmée dans tous les départements, avec une progression continue depuis plus de dix ans.

La Saône-et-Loire a été le premier département de la région concerné, dès 2014. La Côte-d’Or et la Nièvre ont suivi en 2018, puis le Doubs et le Jura en 2020. Le Territoire de Belfort et l’Yonne ont été touchés à leur tour en 2023, avant la Haute-Saône en 2024. Cette diffusion progressive témoigne de la capacité d’adaptation d’Aedes albopictus, nom scientifique du moustique-tigre, à de nouveaux territoires et à des environnements urbains ou périurbains favorables à sa prolifération.

La progression est particulièrement rapide à l’échelle régionale. En 2025, le nombre de communes colonisées a dépassé le seuil des 200 en Bourgogne-Franche-Comté, alors qu’il n’était que de 27 en 2021. Pour l’ARS, cette évolution montre l’importance d’une vigilance collective et d’actions préventives régulières. La lutte contre le moustique-tigre ne repose pas uniquement sur les autorités sanitaires : elle dépend aussi des gestes quotidiens des habitants, des collectivités et des professionnels.

L’ARS Bourgogne-Franche-Comté assure une surveillance spécifique, notamment par l’intermédiaire d’un opérateur de démoustication. Un réseau de pièges-pondoirs est déployé principalement dans les unités urbaines les plus peuplées afin de suivre la dynamique de progression du moustique. Lorsqu’une nouvelle implantation est suspectée, une enquête entomologique peut être menée sur le terrain pour confirmer la présence de l’insecte et, si nécessaire, considérer une nouvelle commune comme colonisée.

Au-delà de la présence du moustique, le principal risque concerne sa capacité à transmettre certains virus. Le moustique-tigre peut devenir vecteur de la dengue, du chikungunya ou du zika s’il pique une personne déjà infectée. Le visuel présenté en page 2 du communiqué rappelle ce cycle de transmission : une personne infectée peut transmettre le virus à un moustique lors d’une piqûre ; après une phase d’incubation chez le moustique, celui-ci peut ensuite infecter d’autres personnes en les piquant.

C’est pourquoi l’ARS intervient lorsqu’un cas de dengue, de chikungunya ou de zika est déclaré à ses services. Ces maladies étant à déclaration obligatoire, tout cas signalé peut déclencher une enquête de prospection entomologique sur les lieux fréquentés par la personne malade pendant la période de virémie, c’est-à-dire lorsque le virus est présent dans le sang. Si la présence du moustique-tigre est confirmée, un traitement insecticide peut être décidé afin d’éviter l’installation d’une transmission locale de la maladie.

L’année 2025 a constitué un signal d’alerte majeur. Selon l’ARS, elle a été marquée par un nombre sans précédent de cas de chikungunya recensés en métropole, avec 81 foyers de transmission locale et plus de 800 cas autochtones identifiés. Il s’agit du niveau le plus élevé depuis la mise en place de la surveillance renforcée en 2006. La Bourgogne-Franche-Comté a elle aussi été concernée : comme le Grand Est et la Nouvelle-Aquitaine, elle a signalé pour la première fois des cas autochtones de chikungunya sur son territoire, notamment à Dijon.

Dans ce contexte, l’ARS insiste sur la nécessité de savoir reconnaître le moustique-tigre. Aedes albopictus est un moustique de petite taille, inférieur à un centimètre d’envergure. Il est noir, avec des taches blanches sur le corps et les pattes, et présente une ligne blanche caractéristique sur le thorax. Toute personne pensant avoir observé un moustique-tigre peut effectuer un signalement sur le portail national dédié, afin d’aider les autorités sanitaires à suivre son implantation.

Mais l’essentiel de la lutte se joue avant même que le moustique ne vole et ne pique. L’ARS rappelle que les moustiques se développent d’abord dans l’eau, sous forme de larves. Il est donc indispensable de supprimer les petits réservoirs d’eau stagnante autour des habitations, dans les jardins, sur les balcons ou dans les cours. Coupelles sous les pots de fleurs, gamelles d’animaux, replis de bâches, seaux, pieds de parasol, jouets, brouettes, arrosoirs, gouttières mal entretenues ou pneus usagés peuvent devenir des lieux de ponte.

Les bons gestes sont simples mais doivent être répétés régulièrement. L’ARS recommande de vider chaque semaine les contenants susceptibles de retenir l’eau, de couvrir hermétiquement les récupérateurs d’eau, de ranger à l’abri de la pluie les objets qui peuvent se remplir d’eau, d’entretenir les gouttières et les rigoles, et de jeter les déchets pouvant servir de gîtes larvaires. Dans les bassins d’agrément, la présence de poissons peut également contribuer à limiter le développement des larves.

Les voyageurs sont également appelés à la prudence, en particulier lorsqu’ils se rendent dans des zones où circulent la dengue, le chikungunya ou le zika. L’ARS recommande de se protéger contre les piqûres pendant le séjour, mais aussi au retour, pendant trois semaines. En cas de symptômes tels que fièvre, douleurs musculaires ou articulaires, maux de tête ou éruption cutanée, il est important de consulter rapidement un médecin. Seule la déclaration d’un cas à l’ARS permet en effet de déclencher les mesures de lutte anti-vectorielle adaptées.

Les professionnels de santé sont eux aussi directement concernés. L’ARS leur demande de penser aux maladies transmises par le moustique-tigre, y compris lorsque le patient n’a pas nécessairement voyagé. Toute suspicion de dengue, de chikungunya ou d’infection à zika doit faire l’objet d’une confirmation biologique, et tout cas confirmé doit être déclaré auprès de l’Agence. Depuis le 22 avril 2026, ces signalements s’effectuent par voie dématérialisée sur le portail des signalements.

À travers ce communiqué, l’ARS Bourgogne-Franche-Comté rappelle qu’elle est pleinement mobilisée dans son rôle de surveillance et d’intervention. Mais elle insiste aussi sur la responsabilité partagée de tous les acteurs. Collectivités, professionnels de santé, usagers et habitants ont chacun un rôle à jouer pour réduire les risques. Face à un moustique désormais installé dans toute la région, la prévention quotidienne apparaît comme le levier le plus efficace pour limiter sa prolifération et prévenir la transmission de maladies.

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